Démarrage du premier véritable dragage du lac d’Hossegor début octobre 2025

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La soirée d’information et d’échanges organisée par MACS et la commune de Soorts-Hossegor a fait salle comble le 11 septembre dernier.

Cette rencontre avait pour objectif de présenter la Stratégie locale de gestion de la bande côtière (SLGBC), ses enjeux de gestion durable du littoral et les solutions concrètes mises en œuvre dans ce cadre (cf. l’encart « La SLGBC en bref »).

L’intégralité de cette conférence très enrichissante devrait être prochainement disponible sur TV Landes.

Un des axes de cette stratégie de lutte active souple est le rechargement des plages et la préservation des dunes. C’est dans ce cadre qu’a été mise en place la canalisation reliant nos plages lacustre (Chênes-Lièges) et marine (Nord). Cette infrastructure sera utilisée dès cet automne pour mener, enfin, une première opération significative d’entretien du lac.

Le marché de travaux a été attribué début septembre au groupement CDES-UNELO pour un montant de 735 K€ HT (dont 318 K€ HT à la charge de la commune) avec l’objectif affiché de draguer 15 000 m3 de sable prélevés sur l’atterrissement entre les plages du Parc et des Chênes-Lièges.

La préparation du chantier est en cours pour un démarrage au 1er octobre et doit se poursuivre jusqu’à fin novembre conformément à l’Arrêté Préfectoral qui limite la durée d’intervention à deux mois.

L’extraction uniquement autorisée par moyens mécaniques (exigence de l’arrêté préfectoral), mobilisera trois pelles de dragage amphibie et deux barges flottantes positionnées l’une derrière l’autre entre le lieu de prélèvement et la plage. La première pelle prélèvera dans le lac pour remplir la première barge et les deux autres pelles assureront les transferts entre les barges et un court tapis roulant pour déverser sur la plage.

Le recours à un long tapis roulant comme lors de l’opération de début 2023 n’a finalement pas été retenu car peu fiable et donc peu productif.

Ce sable sera ensuite repris par une pelle chargeuse pour alimenter une fosse creusée au plus près du départ du sabloduc, puis mis en suspension avec l’eau du lac et transféré par une pompe raccordée au collecteur.

 

Entree sabloduc

Après déversement sur la plage Nord, il sera régalé essentiellement sur les plages Centrale et Nord pour compenser l’érosion annuelle estimée entre 10 000 et 15 000 m3/an (variable en fonction des tempêtes annuelles).

Plage des Chênes-Lièges, l’alimentation des deux pompes est prévue en électrique afin de limiter les nuisances de bruit et d’odeurs. Les travaux sont prévus entre 7 heures et 17 heures hors weekend et ne seront pas tributaires des marées.

Le mode de comptage des volumes transférés est un point sensible pour la facturation mais surtout pour valider l’efficacité du mode opératoire.

Pour ce faire, il est prévu trois relevés bathymétriques sur le lac (un avant, un pendant et un en fin de chantier) et deux relevés altimétriques par drones des plages océanes devant recevoir le sable (un avant et un après travaux). L’estimation des volumes transférés se fera à partir de ces bilans prélèvement/régalage. Cette méthode reste tout de même approximative.

Plan d'actions

Lors des questions/réponses, SPSH est intervenue à deux reprises. En effet, SPSH fait le constat d’un bilan famélique de sable dragué sur la durée de l’arrêté préfectoral de près de 95 000 m3 (incluant les opérations de 2019 et de 2025 à venir) alors qu’il autorise jusqu’à 300 000 m3 (*). SPSH dénonce ainsi l’absence, de la part de nos élus, d’ambition et de souffle actuels et à venir, très en retrait des attentes de la population et surtout des besoins réels de désensablement notamment en 2026, le prochain désensablement n’étant planifié que fin 2027 pour 15 000 m3 également (**).

L’arrêté préfectoral actuel venant à terme en mai 2028, SPSH s’est fait confirmer que la préparation d’un nouvel arrêté préfectoral était bien lancée par MACS et qu’il inclurait bien un prélèvement par drague aspiratrice, plus simple et moins coûteux à mettre en œuvre que celui par moyen mécanique précédemment utilisé.

Monsieur Pierre Froustey, président de MACS, a argumenté sur un écart significatif du niveau d’ensablement selon les années, pouvant s’avérer faibles voire très faibles certaines années (les habitués de la promenade du tour du lac apprécieront !?), et sur les coûts élevés de ces opérations.

Il a confirmé par ailleurs que les études étaient lancées pour préparer le nouvel arrêté préfectoral, qu’elles seront de longue durée (plusieurs années !) et que la drague aspiratrice y serait bien intégrée.

Monsieur Christophe Vignaud, maire de Soorts-Hossegor, a clôturé la conférence en espérant une utilisation du sabloduc pour un désensablement continu supérieur à un ensablement continu et ainsi améliorer l’état du lac progressivement.

La SLGBC en bref …

La stratégie locale de gestion de la bande côtière a été coconstruite avec le GIP Littoral et l’Observatoire de la côte Nouvelle-Aquitaine (OCNA) suivant un cadre régional et national.

Elle mobilise un programme d’actions prévisionnel étalé sur 5 ans (2023-2027) évalué à 12,6 M€ HT. La démarche a été élaborée avec le soutien financier de l’Europe, de l’Etat, de la Région Nouvelle-Aquitaine et du Département des Landes.

Structurée en 8 axes, ce programme d’actions et de prévention de l’érosion s’articule autour de la connaissance de l’aléa, de la communication et la culture du risque, du suivi de l’évolution du littoral, de la gestion de crise, de la préservation de la dune, du rechargement sédimentaire des plages ou encore de l’entretien des ouvrages de protection.

La stratégie locale et commune repose sur 3 grands objectifs : limiter les reculs du trait de côte avec la poursuite d’actions de lutte active souple (rechargement de plage, préservation de la dune) ; entretenir les ouvrages de défense sur les secteurs les plus urbains sans artificialiser davantage ; réduire autant que possible la vulnérabilité d’enjeux (équipements publics, biens d’habitations) présents le long de la frange littorale (relocalisation, repli stratégique).

(*) L’arrêté préfectoral autorise :

  • Un désensablement de restauration de l’état cible par l’extraction d’un volume de sédiment de 130 000 à 160 000 m3 par drague aspiratrice stationnaire ;
  • Selon les besoins après bathymétrie, un désensablement d’entretien par l’extraction d’un volume annuel ou biennal de sédiment de 20 000 à 30 000 m3 pour la partie sud du lac par moyens mécaniques…

(**) Il est unanimement admis maintenant que l’ensablement chronique du lac est en moyenne de près de 15 000 m3/an.