Désensablement du lac
Où en sont les travaux de dragage du lac et de consolidation du trait de côte au 21 novembre ?
Il y a juste un mois, nous vous parlions des difficultés rencontrées pour la montée en régime des volumes de sable à draguer et à transférer afin de tenir l’objectif de 15 000 m3 d’ici à fin novembre.
Concernant la première étape, le dragage de l’atterrissement de sable à l’entrée du lac, la situation a fini par se stabiliser avec des productions journalières régulières. L’évolution impressionnante du tas de sable stocké sur la plage des Chênes en est l’illustration.
Le tas de sable stocké sur la plage des Chênes devient impressionnant © photo SPSH
Concernant la seconde étape, le transfert hydraulique du sable par la canalisation reliant la plage des Chênes à la Plage de la Nord, il en est tout autrement. Pour rappel, il était prévu initialement d’évacuer vers la plage marine, avec une journée de décalage, le sable dragué la veille.
Le transfert hydraulique du sable vers la plage de la Nord © photo SPSH
A l’évidence, au vu du stock accumulé, c’est très loin d’être le cas !
Les points sensibles identifiés dans notre publication d’octobre sont malheureusement démontrés.
L’entreprise a été contrainte de doubler les capacités de pompage de l’eau du lac ainsi que celles de transfert au départ du pipe, ces capacités ayant été largement sous-dimensionnées lors de la préparation du chantier.
L’entrée du pipe en continuité du contener de mélange sable/eau sur la plage des Chênes © photo SPSH
En parallèle, elle a dû également faire face à une série d’incidents :
- Défaillances de matériels, dont une pompe d’eau du canal nécessitant son remplacement ;
- Plusieurs arrachages des tuyaux au départ des pompes du canal liés à la présence d’algues sous l’impact du courant de marée ;
- Manque de hauteur d’eau à l’aspiration des pompes du canal à marée basse nécessitant le creusement d’une fosse de pompage plus profonde au plus près de la plage des Chênes ;
- Mais l’événement majeur a été un bouchage important de la canalisation sur ses cinquante premiers mètres. Cet incident a nécessité sept jours ouvrés de travail avec l’intervention de gros moyens mobiles de lavage haute pression. Son origine, sans surprise, réside dans le difficile équilibre à respecter entre les trois paramètres de fonctionnement suivants :
- L’eau de dilution en provenance du lac ;
- Le débit des deux pompes de transfert installées dans la trop petite capacité du conteneur de 36 m3;
- Le débit de sable régulièrement dépoté par une pelle mécanique dans le conteneur de mélange.
Au-delà d’une concentration de sable de 15 % en volume, le risque « d’asphyxier » la canalisation peut se produire par trop de sable dépoté et/ou par défaillance d’une pompe (eau de dilution ou transfert), ce qui a été manifestement le cas.
Le débouchage du pipe au départ de l’avenue des bergeronnettes au pied de la « petite côte » © photo SPSH
Au 18 novembre, le volume de sable transféré sur la Nord depuis le début du chantier restait très modeste car réalisé sur tout juste quatre jours de fonctionnement de la canalisation. Ce n’est donc qu’au 19 novembre que cette étape de transfert a pu redémarrer à un débit de sable modéré pour éviter une « rechute » et fonctionner régulièrement jusqu’au 21 novembre.
Le traitement du sable transféré sur la plage de la Nord © photo SPSH
SPSH passe plusieurs fois par jours sur le chantier, a des contacts réguliers avec les intervenants et réalise à échéances régulières des estimations des dépôts de sable sur les deux plages afin de suivre l’évolution des volumes traités.
Au 21 novembre, soit à cinq jours ouvrés de la date limite autorisée, notre estimation est de l’ordre de 10 000 à 10 500 m3 dragués dont environ 2 000 à 2 500 m3 transférés.
Nos estimations sont faites à partir de métrés réalisés sur des tas de sable bien visibles, contrairement au mode de comptage contractualisé entre nos élus et les entreprises intervenantes, qui se fait à partir de bathymétries sur la zone de dragage du lac.
Le volume est ainsi estimé par la différence de profondeur constatée entre deux bathymétries.
Toutefois, ces références bathymétriques pouvant significativement évoluer du fait des marées et surtout des fortes houles en cette période d’automne, nous les jugeons plus approximatives que le métré terrain.
A noter que les entreprises seront payées sur les volumes dragués et transférés, volumes calculés par ces mêmes entreprises !
L’équipe de SPSH estime régulièrement le cubage de sable extrait à partir du dépôt de la plage des Chênes © photo SPSH
Compte tenu du retard évident du chantier, celui-ci bénéficiera certainement d’une dérogation pour se prolonger sur la première semaine de décembre pour l’étape de dragage et quelques jours de plus pour l’étape de transfert (non concernée par l’Arrêté Préfectoral du lac), l’objectif de la commune étant de libérer la plage des Chênes pour les vacances de fin d’année.
Qu’en sera-t’il si tout le sable stocké sur la plage des Chênes n’a pas été transféré ?
Il pourrait être régalé sur les plages lacustres des Chênes et Blanche avec une forte probabilité qu’une part importante de ce sable reparte dans le lac sous quelques mois.
L’objectif de nos élus risque donc de ne pas être pas tenu, d’autant plus que la justification et le financement correspondant à ce dragage ne sont pas la santé du lac mais la consolidation du trait de côte…
Nous reviendrons vers vous en fin d’opération pour faire le bilan.